Le corps, portes ouvertes

Ça s’est passé lors de la visite de l’exposition hyperrealism sculpture du Kunsthal de Rotterdam..

Sentiment dérangeant d’être aussi près d’un corps auquel il ne manque que le souffle.

Cela commence par une illusion. Une femme se tient contre un mur, là au milieu des autres, on ne sait pas vraiment si l’exposition a commencé. Lesquelles parmi toutes ces personnes qui s’arrêtent sont « vraies » ou « pas vraies » comme s’interrogent les enfants et puis, en restant quelques secondes, l’immobilité tenace dévoile la réalité…une sculpture ! Alors on peut jouer, tourner autour se tenir tout près et rire.

Le trouble arrive plus loin, par la nudité et par l’échelle, la nôtre, exactement. 

Plus on s’approche et plus on s’observe en tant qu’humain. Cet accès à ce territoire intime réservé dans notre histoire à quelques personnes proches nous projette dans une dimension inexpérimentée et déstabilisante. Pour la première fois, je me trouve en observateur distant de ce qui me sert aussi d’enveloppe. Je peux analyser tous ces détails, aussi longtemps que je le souhaite…ce corps n’est pas habité !

Notre corps – drôle de maison ! Selon la qualité de notre âme nous l’habiterons différemment et de façon unique.

Qu’en est-il alors de notre maison? Cet espace qui reçoit notre corps et le protège – On parle d’intérieur sans âme ou au contraire d’intérieur qui a du caractère…D’une certaine façon nous sommes dans un système de poupées russes qui raconte notre capacité à être présent au monde, à s’incarner.

Il est pourtant plus facile d’habiter sa maison que d’habiter son corps – d’abord on la choisit, on peut y faire des travaux comme on l’entend, raconter l’histoire que l’on veut. Rien, un peu ou beaucoup de soi. Avec une maison, il est possible de mentir beaucoup, de se mentir et de donner l’image que l’on veut de soi alors que notre corps se rebelle – se marque, s’affaisse ou se tord lorsqu’il lui est imposé quelque chose qu’il refuse.

Le rapport que l’on entretient avec son corps et sa maison n’est pas nécessairement le même. On peut prendre soin de l’un et pas de l’autre. Ce jour-là, j’ai regardé mon corps autrement…comme je regarde les maisons et j’ai pensé à l’harmonie que je recherchais dans les espaces intérieurs… 

 

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